Ca vous dirait, une nuit blanche ? De 21h30 à 4h00 du matin, n'importe où, n'importe quand, je vous propose d'écrire 10 000 mots du texte de votre choix. Fanfiction, écrit original, continuer votre roman, terminer un chapitre, en débuter un autre...
 
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 Vos textes des défis du 30/12/10

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GabrielleTrompeLaMort
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MessageSujet: Vos textes des défis du 30/12/10   Ven 31 Déc - 12:43

Hop hop hop !

Postez ici les résultats complets (s'ils n'excèdent pas 600 mots !!) des défis, en indiquant bien à quel défi vous avez répondu, soit au début soit à la fin de votre texte.
Indiquez aussi, si possible, le nombre de mots.
Pour les commentaires, tout se fait dans l'autre post : http://10000wordsanight.forumactif.org/t402-commentaires-des-defis-du-30-12-10#9622 ^^

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Yuri
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MessageSujet: Re: Vos textes des défis du 30/12/10   Sam 1 Jan - 14:46

J'inaugure les défis, après les festivités du nouvel an ^^

Je commence avec le défi 4, le moins réussi des 3 que j'ai fais, à mon goût:

Défi n°4 : écrire 600 mots à partir de l’amorce suivante. « Hier, c’était la fin du monde. Aujourd’hui… »

Hier, c’était la fin du monde. Aujourd’hui, le silence et l’immobilité qui s’abattait sur ce qu’il restait de la Terre était plus terrifiants que toutes les horreurs et tous les tourments de la veille. Ayant trouvé refuge en haut d’un des rares immeubles encore debout (et qui ne risquait pas de s’effondrer au premier coup de vent), Lily-Eve observait au-delà de la baie vitrée brisée ce qui, une dizaine d’heures plus tôt, était encore la glorieuse capitale.
Les rayons blafards du soleil matinal ne perçaient qu’en de rares endroits la chape de nuages couleur acier qui planait au-dessus des ruines. La teinte et l’étrange texture de ces monstrueux cumulus donnaient l’impression qu’à tout moment, ils s’abattraient sur le sol, finissant de détruire ce qui avait miraculeusement échappé aux combats et bombardements de la journée précédente. Le mélange de clair-obscur qui résultait de cet éclairage baignait le décor de teintes blanches et orangées, contrastant crument avec l’épaisse couche de poussière d’asphalte et de béton qui nappait les rues. Balayant le paysage funèbre de ses yeux, l’adolescente constata que de la Tour Eiffel, il ne subsistait que les quatre pieds, le reste de l’édifice gisant éparpillé autour de ces derniers. Plus une seule goutte d’eau ne brillait dans le lit de la Seine aride. Les bateaux-mouches et les péniches qui étaient désormais posées, branlants et bancals, au fond de l’ancien fleuve dégageaient une aura macabre et, même de loin, Lily-Eve devinait qu’ils renfermaient dans leurs cales des choses qu’elle ne voulait même pas imaginer. Entre les coques rouillées, elle entrevoyait des profondes fissures fumantes dans le sol. Ce qui s’en échappait étaient pires encore que tout ce que les navires pouvaient cacher, et là, nul recours à l’imagination n’était nécessaire, puisque les rues grouillaient maintenant de ces cauchemars.
Une main qui se posa sur son épaule, enveloppée de chaleur protectrice, la tira de sa contemplation désespérée. Elle tourna les yeux vers le propriétaire de cette onde de réconfort, mais ce fut avec rage qu’elle découvrit le visage impassible de Raphael. Elle s’écarta vivement de lui, et le gratifia d’un regard suffisamment acide pour dissoudre le building entier. Bien qu’il n’en montra rien, Raphael fut blessé par un tel accueil. Évidemment, il comprenait la colère et la douleur de la jeune fille. Son monde n’était plus que ruine fumante, et il faisait partie des responsables.
_ Les bâtiments peuvent être reconstruits, les villes rebâties, la nature peut renaître, lui dit-il d’un ton qu’il croyait rassurant et encourageant. Nous en avons le pouvoir. La Terre pourra être remise en état, plus belle qu’avant. Et purifiée de tout ce qui l’empoisonnait par le passé. Nous pourrons auss…
_ La ferme, espèce de sal con supérieur et débordant de bonnes intentions à la noix ! tonna Lily-Eve. J’aurais beau m’époumoner pendant des heures, tu ne comprendrais rien, jamais ! Vous, les tapettes bondissants sur les nuages, vous êtes dépourvu de tout sentiments, vous ne savez pas l’importance de tout ce qui a été détruit ici. Oui, l’homme était corrompu et bourré de défaut. Oui, nous étions trop béats d’admiration devant nos propres capacités pour en prévoir les conséquences au long terme. Oui, nous nous faisions la guerre, nous nous tuions, et bla bla bla…Mais nous avons aussi tellement de bien en nous ! Tellement essayaient d’arranger les choses, et le monde ! Et vous vous avez tout balayé au nom d’une morale qui vous est dictée par un être soi-disant supérieur ! Vous ne valez pas mieux que nous, au final.
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Yuri
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MessageSujet: Re: Vos textes des défis du 30/12/10   Sam 1 Jan - 14:48

Défi 7, j'étais parti sur un texte humoristique qui s'est vite transformé en macabre/morbide, mais qui me fais bien rire personnellement ^^'

Défi n°7 : écrire un texte en 600 mots, dont les 10 noms suivants. « poisson, espace, docteur, masque, putréfaction, escarmouche, écrivain, point-virgule, vagabond, parenthèse »

Tout légiste qu’il était, le docteur Tulp ne sautait pas d’excitation fébrile et presque infantile à la vue d’un cadavre en voie de décomposition largement avancée. La réalité était loin des séries télévisées bidons où les employés de morgues se résumaient à des gothiques adeptes de la scarification et de la nécrophilie, vouant un mépris abusif aux vivants et un culte déifié à la rigidité post-mortem. De plus, à tout juste sept heures du matin, le fumet répulsif de la putréfaction ne se place pas dans le top trois des odeurs qu’on souhaite pour le petit-déjeuner.
Tulp se pencha vers le cadavre, tout en gardant une distance respectable. De toute évidence, la mort remontait à plusieurs mois, et on pouvait croire sans trop se tromper que sans la décrue du fleuve, il n’aurait pas été mis à jour avant un bon bout de temps. Il était étroitement emmêlé dans les broussailles qui bordaient les rives, et tout portait à croire que c’était là chose qui avait empêché la dépouille de suivre les eaux du fleuve, et de s’y noyer à nouveau. En penchant la tête sur la gauche, Tulp pu voir qu’un poisson se trouvait prisonnier sous les fesses du cadavre. Incapable de rejoindre l’eau salvatrice en raison du poids du tas de viande, il était mort à son tour, asphyxié.
Le corps était celui d’une femme, visiblement âgée d’une trentaine d’année, tout au plus. Ses longs cheveux roux s’étalaient autour d’elle telle une auréole, tranchant avec la pâleur macabre de sa peau entièrement nue. Sur cette blancheur de lait caillé, des traces de vase parsemées de petit vers blancs dessinaient comme des points-virgules sur le ventre renflé. Son corps était imbriqué dans la végétation de telle façon qu’on eut cru qu’elle dansait, figée dans un mouvement fluide et souple. Tout en se redressant, et, détaillant la morte, Tulp laissa échapper :
_ « Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés ! »
Il senti sur sa nuque le regard de son jeune assistant, et tourna la tête vers lui. Le jeune homme blond le regardait d’un ait dubitatif. Tulp, comprenant son manque évident de référence, précisa, un poil agacé :
_ Tu n’as jamais lu Baudelaire, Nicolas ? Il serait peut-être temps de t’y mettre alors…
Le dit Nicolas poussa un soupir rassuré :
_ Ouf, l’espace d’un instant, je vous pensais devenu poète. Ce qui ne vous va pas du tout, sans offense…
Tulp tilta. Le rôle de poète ne lui allait pas ? On lui avait toujours certifié le contraire…Pauvre jeune !
_ Bon fin de la parenthèse, dit-il avec un léger sourire. Passe-moi mon masque en plastique, que je puisse examiner le corps sans mourir intoxiqué.
Tandis qu’il s’accroupissait dans la boue à côté de sa belle au bois dormant décomposée, un inspecteur passa sous la bande de délimitation et se dirigea vers lui, un calepin à la main :
_ Premières informations : il s’agit de l’écrivain Jeanne Bolen. Elle était connue pour sa consommation de drogue excessive. Il y a quatre mois, ses voisins ont entendu les éclats d’une violente escarmouche au bas de son immeuble. On n’a plus eu aucunes nouvelles d’elle depuis. Nous pensons que ses dealers n’ont pas du apprécié la cessation de ses paiements pour ses doses hebdomadaire. Le corps a été trouvé par un vagabond.
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Yuri
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MessageSujet: Re: Vos textes des défis du 30/12/10   Sam 1 Jan - 14:50

Défi 8, tiré de mon roman bit-litt/anticipation L'Argent et le Cerisier. Une scène que j'étofferai plus à la réécriture, j'ai trop de chose à en dire Razz

Défi n°8 : le plaisir dans la douleur, la douleur dans le plaisir. Be kinky, in 600 words.


Alors que Kyoshiro reposait là, agréablement étendu sur les tatamis et les coussins, il n’arrivait pas à déterminer quel sentiment l’emportait en lui : la peine qu’éveillait en lui ce triste anniversaire de la perte de son clan, ajouté au fait qu’une des responsables de ce massacre se trouvait juste au-dessus de lui, à l’observer fixement ; ou le plaisir diffus que la présence d’Himiko insufflait à travers ses veines, à la manière du sang. Elle se tenait là, immobile dans son kimono de soi bleu brodé de lotus carmins et d’oiseaux argentés, une de ses mains glacées posées négligemment sur le torse de Kyoshiro, laissé nu par les pans de son kataginu. Lentement, il leva la main, et suivit la courbe de sa gorge jusqu’à son cou, sur lequel il referma sa paume. Kyoshiro, sentant la peau froide de la reine sous ses doigts, se demanda alors quelle sensation il éprouverait s’il resserrait sa prise, si sa main se refermait comme des mâchoires sur le cou gracile de la vampire. Elle était déjà morte, il ne pouvait donc pas l’étouffer, ou briser sa nuque, mais ses instincts de chasseur étaient encore bien vivants en lui, et l’espace d’un instant, il brûla de savoir ce que cela faisait de tuer celle qui l’avait fait.
Une lueur amusée brilla dans les pupilles d’Himiko. Elle avait lu son cœur. Encore et toujours, il était incapable de lui cacher ses pensées. Elle avait perçu le conflit en lui, deviné les questions qui le tourmentaient. Avec des gestes emplis de cet amour perverti et pourtant si pur qu’éprouvent les vampires, elle se pencha à son oreille et murmura doucement:
_ Tu n’a pas à être ainsi partagé. Ce que nous sommes…nous pouvons nous infliger la souffrance à satiété sans pour autant encourir la mort. De plus, tu ignores encore que souffrance et jouissance peuvent être une seule et même chose.
Au fond de lui, Kyoshiro entendait la voix de son père lui rappelant l’esprit dénaturé des vampires. Mais il sentit les lèvres d’Himiko glisser jusqu’à son cou, avec la caresse de pétales de sakura. Puis, ce fut l’ivoire dur et chaud des canines tranchantes de la reine qui imposèrent leur toucher lorsqu’elles s’enfoncèrent avec aisance dans la chair de Kyoshiro. La morsure était faite avec douceur, pourtant les muscles déchirés du jeune homme protestèrent. Ce n’est pas parce que lui aussi était mort qu’il n’avait plus aucune sensation. Et bien que les effets anesthésiants de la salive vampirique ne tardent pas à faire effet, l’impression de brûlure pénétrante vibrait au-dessus de son épaule, comme si des braises rougeoyantes s’immisçaient dans sa chair. Puis vint la perception veloutée du sang qui s’écoule hors de soi. Le son de son lent déversement dans la gorge d’Himiko emplissait ses oreilles, son ruissellement le long de sa peau telle une coulée de lave engourdissait ses nerfs. Tous ses sens étaient exacerbés. Il connaissait cet état pour l’avoir déjà vécu maintes durant l’année écoulée et lors de sa transformation. Pourtant, cette fois-ci, une fleur ardente éclos dans sa poitrine violemment, irradiant son être, alors qu’il prenait pleinement conscience de la différence entre cette fois-ci et celles passées. Il avait l’impression de mourir une seconde fois, mais il ne le pouvait pas. Son immortalité s’exposa brutalement à ses yeux, et sentir sa vie se glisser hors de lui sans pouvoir lui échapper provoqua en lui un tourbillon de délices tel qu’il ne put retenir l’éclat de rire qui monta à ses lèvres.
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MessageSujet: Re: Vos textes des défis du 30/12/10   Sam 1 Jan - 21:20

Défi n°14 =) (vu qu'il y a 710 mots, j'ai supprimé quelques répliques du dialogue).

- Le saviez-vous ? Le 21 décembre 2012, d’après un calendrier maya, sera la fin de notre ère ! Il faut d’ailleurs savoir que les mayas étaient un peuple très avancé, notamment en astronomie et en...
- Le monde tel qu’on l’aura connu disparaîtra ! Enfer et damnation ! L’apocalypse étendra ses longs voiles noirs sur nos existences ! Finie, l’humanité ! Fini, le bonheur ! Finis les câlins sur les berges du Grand Lac, nos jambes entrelacées sur l’herbe ! Finies, les glaces à la vanille !
- Après tout, qu’est-ce véritablement, le bonheur ? De très grands philosophes - je puis, sans me vanter bien sûr, affirmer avoir étudié leurs oeuvres avec précision, hum ! -, ces très grands philosophes, donc, ont écrit que le bonheur était une succession de moments où l’humain ressent de la joie, et qui, mis bout en bout, donnaient lieu à cet état d’esprit que l’on appelle le bonheur... Comme le dit l’expression, il n’y a pas de petits plaisirs ! Surtout...
- Vous n’avez pas fini tous les deux ?
- Qu’as-tu, ô précieuse, à nous reprocher ?
- Vous me saoulez !
- Ingrate ! Tu verras, quand l’âge se permettra l’affront de blanchir tes cheveux, de rider ta peau d’albâtre, tu verras !
- Relaxe, Thomas. Tu as vingt-huit ans. Et puis, je suis mate.
- Tu seras blanche pour la pureté de ma poésie.
- … Car c’est dans la philosophie et la science, et non dans la vile opinion populaire, que réside la vérité. Bachelard disait...
- Loris.
- … “On ne peut rien fonder sur l’opinion”. Non rien ! En effet, où est la démonstration dans l’opinion ?
- Loris...
- Alors que la science, elle, pose un problème, et y répond, avec des arguments fondés sur la raison et...
- LORIS !!!
-...
- Tu vois, ma jolie, il te fallait une voix mâle et autoritaire, la voix d’un homme fort.
- Evidemment. Merci King-Kong.
- Je sens, dans tes paroles, poindre la langue fourchue du sarcasme.
- Comme c’est bizarre !
- Vipère !
- C’est donc pour cela que vous m’avez interrompu ? Pour vous chamailler ? Je vous instruis, ignares... Je reprends. Oh et puis, maintenant, j’ai perdu le fil ! Etes-vous satisfaits de votre travail ?
- Oh làlà... Le voilà qui se met en rogne...
- Pardonnez sa fougueuse jeunesse, Loris. La douce magie de la sagesse ne s’est pas encore révélée à Keira.
- La jeunesse n’excuse pas tout, mon cher.
- La vieillesse non plus, j’ai envie de dire.
[...]
- Eh, tu dors, Monsieur Je-Sais-Tout ?
- J’écoute vos discours vides. Vous m’avez levé l’envie de vous apprendre quoique ce soit. Je m’en vais.
- Mais non ne pars pas ! Je n’ai pas envie de rester seule avec Thomas, moi ! Et puis, où vas-tu aller, à cette heure-ci ?
- Je trouverai bien. Tout vaudra mieux qu’ici.
- Ne dites pas cela, Loris ! Le chagrin me griffe, entendant vos paroles ! Restez donc, pour moi. Seul, je ne supporterai pas seul ses mots acides... D’ailleurs, où est-elle donc passée ? Keira ? Keeeiiiiiraaaaa ?
- Je suis allée chercher le champagne, les râleurs. Qui veut sabrer ?
- Oh mais, c’est déjà le moment ?
- Eh oui ! Bonne année !
- Que l’année soit glorieuse pour chacun d’entre nous ! Perles et joyaux, amour et plénitude, santé ! Que le “tchin” de nos coupes soit l’annonce de notre victoire !
- J’espère que vous grandirez mes enfants, parce que là, ce n’est pas gagné. Mais bonne année !
- Moui. En tout cas, c’était le réveillon le plus foireux de ma vie !

C'est vraiment pas du grand art, je le reconnais...
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